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Pyrénées Orientales | La Semaine du Roussillon - À la une « Hors cadre » 

regards éphémères de Jacques Lahousse au Boulou

Jusqu'au 23 juillet, l’Espace des Arts du Boulou accueille l’exposition « Hors cadre » du photographe Jacques Lahousse. Une invitation sensible à explorer mémoire, existence et perception, dans une scénographie entièrement renouvelée.

Une exposition revisitée

Après une première présentation à Céret, « Hors cadre » s’installe au Boulou dans une mise en espace adaptée, pensée pour dialoguer autrement avec le lieu et offrir une lecture renouvelée des œuvres. À travers ses images, Jacques Lahousse interroge le passage du temps, les traces laissées par l’existence et ces instants fugaces qui façonnent une vie. Le parcours propose une succession de fragments visuels, entre souvenirs et perceptions. Visages, situations, détails du quotidien composent un inventaire sensible où affleure une réflexion sur la mémoire et l’effacement. L’artiste évoque ces moments où l’existence semble se condenser, quand le passé s’accumule et que l’avenir se rétracte. Ses images portent cette tension entre présence et disparition, entre ce qui demeure et ce qui s’efface. Dans cette série, la photographie devient un espace d’expérience. Elle ne documente pas seulement le réel, elle le déplace. Elle cherche à en révéler une dimension plus intime, parfois fragile, souvent silencieuse. Les images suggèrent plus qu’elles ne démontrent. Elles ouvrent des pistes, laissent place à l’interprétation et invitent chacun à projeter sa propre histoire.

« Cette exposition invite à regarder autrement, à accepter le doute et à accueillir ce qui échappe », confie Jacques Lahousse. « Chaque image porte une trace, un écho de ce que nous sommes et de ce que nous laissons. »

Le travail présenté trouve sa source dans une trajectoire personnelle marquée par le sentiment de décalage, par la nécessité de trouver sa place sans jamais se fondre totalement dans un cadre établi. Cette position en marge nourrit une écriture visuelle singulière, attentive aux failles, aux interstices, aux instants que l’on ne remarque pas toujours. L’exposition prend ainsi la forme d’un récit fragmenté, où chaque photographie agit comme une séquence autonome tout en dialoguant avec les autres. Pour Ysabelle Erre-Serra, responsable de la galerie, cette nouvelle présentation constitue un moment fort de la saison: « La scénographie a été entièrement repensée pour l’Espace des Arts. Elle offre une circulation plus intime, en accord avec la profondeur du propos artistique. » Cette nouvelle mise en espace transforme la perception des œuvres et propose une expérience différente de celle présentée à Céret. Entre réflexion sur le temps, exploration du regard et quête de sens, « Hors cadre » propose une expérience immersive et accessible. Le visiteur traverse des instants suspendus, des images qui questionnent autant qu’elles touchent. L’exposition ne donne pas de réponses, elle ouvre un champ sensible où chacun peut trouver un écho.

Renseignements : Espace des Arts du Boulou Rue des Écoles – Entrée libre  04 68 83 36 32 - Du 23 mai au 23 juillet 2026 du mardi au samedi, de 9h à 12h et de 14h à 18h (hors jours fériés).

Sébastien Vilanou / 22 Juin 2026

l'Art'Vues, juin 2026

l'Art'Vues, juin 2026

Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre

Les paysages et la nature permettent à Pierre Bonnard d’explorer toutes les possibilités de la couleur : « la couleur agit ». La couleur est pour lui, le lien vivant de son tableau : tout doit se tenir dans l’espace rayonnant.

L’espace pictural est : « une suite de tâches qui finissent par former un tout ». Le geste de peindre est lié à la sensation, à une émotion.

La contemplation des peintures de Bonnard réclame qu’on prenne du temps. « Il ne s’agit pas de peindre la vie, il s’agit de rendre la peinture vivante ».

Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre

"Une exposition photographique de l’ancien journaliste Jacques Lahousse entre reportage, émotions et quête esthétique. À admirer à l’Espace des Arts jusqu’à fin juillet.

 

Samedi, dès 11 h, le photographe et écrivain, Jacques Lahousse, a dévoilé au public de l’Espace des Arts, une œuvre photographique mêlant reportage, voyages et émotions personnelles. Scindé en plusieurs thématiques, son travail, relatant, à la fois, son activité de journaliste à L’Indépendant et ses états d’âme vagabonds, lors de longues pérégrinations, a séduit le public. Utilisant aussi bien la couleur que le noir et blanc suivant le moment, ces parcelles d’existence, ces séquences de vie, ces instants partagés qui ont jalonné son existence, l’artiste les transforme en de splendides tableaux photographiques, amenant le spectateur à chercher le sens de ce qu’il y voit. Jacques Lahousse a cependant tenu à souligner : "La photo m’a permis ce privilège. Et le journalisme m’a offert un plus dans le domaine des opportunités. Inventaire de visions passagères qui traversent notre quotidien et forgent notre perception du monde, avec la volonté esthétique de transgresser l’image primitive pour en révéler le caractère singulier qui ouvre le regard, et probablement l’esprit, sur une autre dimension. L’exposition "Hors cadre" ne fait que proposer cette invitation à l’attention des visiteurs qui partageront ce regard éphémère". Nostalgique vis-à-vis du temps qui passe : "Devoir exister, ou vouloir exister, en dehors du cadre pressenti. Les artistes font ça très bien. Je ne sais toujours pas si j’en suis un. Je n’ai jamais aimé les casquettes, encore moins les chapeaux et autres couvre-chefs. Probablement atypique. Non manufacturé. Rebelle, peut-être, pour cause, par nécessité ou par obligation ?" 

Jacques Lahousse a remercié la commune, et plus particulièrement Ysabelle Erre Serra, qui pilote l’endroit, depuis une bonne trentaine d’années, en lui disant : "Par tes choix, tu as su naviguer dans le nécessaire éclectisme du monde de l’art pour présenter différentes approches de la création contemporaine, qu’il s’agisse de la peinture, de la sculpture, de la photographie ou d’autres performances."

L’exposition "Hors cadre" est visible, jusqu’au 23 juillet, du mardi au samedi inclus, hors jours fériés, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre.

L'Indépendant, mai 2026

Jacques Lahousse accompagné du musicien Mohamed Latrach, d’élus et d’Ysabelle Erre Serra -Photo J. Martinez

 

HORS CADRE

"L'exposition itinérante intitulée « Hors cadre, séquences éphémères » a été présentée cet hiver à Céret où vit le photographe ; l’ espace des arts propose de la découvrir ou la redécouvrir ce printemps, augmentée de quelques tirages : certaines photos sont issues de son parcours professionnel, Jacques Lahousse a durant sa carrière, côtoyé le monde du journalisme, d’autres tirages ont été réalisés dans un cadre plus intime.
Ce qu’ont en commun les photos présentées ici, en couleur et en noir et blanc, c’est une acuité du regard et un cadrage ne nous invitant pas simplement à regarder ce qui nous est montré mais plus encore, à voir. A travers les portraits notamment, s’installe une complicité. C’est que Jacques Lahousse porte un regard humaniste, nourri par ses rencontres et par les voyages, aussi bien intérieurs.
Chaque titre choisi pour les photos et les textes qui les accompagnent, nous livrent une part de ce parcours qu’il a su réinventer : le texte de présentation « Hors cadre » révèle peut-être la difficulté d’exister pour tout être sensible dans un monde formaté. Mais l’art photographique comme toute autre forme d’art, permet de s’en échapper ; un temps, du moins. Et de figer ces moments qui passent et qui déjà, ne seraient plus qu’à travers le souvenir.
« Nous avons tous besoin d’imaginer un monde meilleur ou différent, d’inventer ce que nous suggèrent nos fantasmes et nos désirs secrets. Question de survie, besoin de rêver, d’exister un peu mieux et de nous réinventer » écrira Jacques Lahousse.
Riche rétrospective qui, grâce au regard du photographe, ouvre des fenêtres lumineuses sur l’ailleurs ou l’ici et permet la rencontre avec l’autre. Un peu avec soi aussi".
Y. Erre-Serra, 23 Mai 2026
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre
Jacques LAHOUSSE Hors cadre

HORS CADRE

séquences éphémères

 

     « Un jour ou l’autre, il faut partir. Quitter ce monde. C’est dans l’ordre plus ou moins naturel des choses. On le sait, on n’est pas fait pour durer. Ceci étant, on espère tenir le plus longtemps possible, et surtout le moins mal possible… »

     Parcelles d’existence, séquences de vie, instants partagés. Quand on arrive au bout du chemin, y a de l’embouteillage dans le rétro. Et les souvenirs cumulent, quand l’avenir se fait peau de chagrin. Chagrin de poussières, aux larmes resurgies. On ne refait pas le film. La pellicule a vécu, les oxydes ont vieilli les images. Il faut tourner la page. « On ne peut pas être et avoir été » nous dit une vieille comptine à usage troisième âge. Il reste ce que la mémoire veut bien nous concéder. Il reste aussi des traces, des photos, des écrits, des dessins, peintures, quelques mots évanouis sur du parchemin fripé, mal rangé. Mais aussi des visages où planent encore l’ombre des passions et les querelles passagères. « Il était une fois »… dans le territoire des émotions, assiégé par le doute qui bien des fois nous fit côtoyer  le gouffre des indifférences. Il est des silences bien plus assourdissants que le grand boucan d’un orage qui racle le plafond.

     J’ai souvent eu le sentiment d’être invisible, qu’on ne me voyait pas, ou si peu, que je n’existais pas, qu’on m’ignorait. Un homme invisible, un défaut d’existence, un accident de parcours, ou de fabrication. Et pourtant, j’existais bien, tant que je puisse me pincer pour y croire, j’existais bien, « par la force des choses » comme l’on dit, à devoir m’intégrer, trouver ma place… rentrer dans le rang ? Pas vraiment, mais dedans certes, tout en pratiquant la marge. Comme une bulle d’oxygène… indispensable.

      Devoir exister, ou vouloir exister, en dehors du cadre pressenti. Les artistes font ça très bien. Je ne sais toujours pas si j’en suis un. J’ai jamais aimé les casquettes, encore moins les chapeaux et autres couvre-chefs. Probablement atypique. Non manufacturé. Rebelle peut-être, pour cause, par nécessité ? ou par obligation ? Qu’importe le pédigree, puisque le choix s’est imposé le plus naturellement du monde. Sûr qu’on s’apprête là à bien des ennuis et pas mal de soucis. Et c’est ainsi qu’on traverse des souffrances qui vous marquent à jamais, vous poursuivent tout le long de la vie et vous enseignent à ne pas trop la ramener. La lucidité est souvent cruelle à avaler, mais tant nécessaire. Relativiser, une bouée de sauvetage idéale. Nous sommes peu de chose. Encore faut-il s’en persuader, pour ne pas sombrer au chapitre des dépressions. Problème de destinés, plus ou moins assumées. Chacun la sienne, à devoir s’en arranger, puisqu’il faut bien vivre, dès fois survivre, demander le programme, orientation, vocation, aspiration…l’existence quoi ! Pas facile d’y arriver, s’y frayer un chemin, une quête, parfois quelques conquêtes. Jouir de la vie, quand l’occasion vous est offerte, comme une femme peut s’offrir à vous dans l’ardent désir d’un bonheur partagé. Bien souvent éphémère, aux retours parfois bien amers. Mère de tous nos soucis, le bonheur est plus que fragile, une drôle d’invention pour alimenter la boîte à regrets. Comme un sursis accordé, l’espoir d’un « reviens-y ».

     Le temps nous fait disgrâce, nous abîme de fond, jusque même dans les combles ? Ça rigole pas de vieillir. Ça vous dégringole dans les moindres replis, nous oblige à abdiquer, se rendre aux évidences, le miroir ne ment pas, vous laissant seul face à l’ombre de vous-même. Et pourtant, les neurones ont moins la gamberge, même que, si la sénilité n’a pas pris le dessus, elles vous octroient comme une seconde jeunesse, avec le bonus de l’expérience et un vieux cocktail de sagesse appropriée. « La force de l’esprit » dixit un président peu de temps avant de rendre l’âme. Ça vous rend l’illusion plus perdurable, et une dose d’espoir plus acceptable.

     Alors, plus ou moins bien fagoté pour affronter la dernière ligne droite, il me reste des séquences à partager, celles qui ont jalonné mon existence, à chercher du sens à ce l’on voit, l’on perçoit, tant de situations où notre regard est confronté. La photo m’a permis ce privilège. Et le journalisme m’a offert un plus dans le domaine des opportunités. Inventaire de visions passagères qui traversent notre quotidien et forgent notre perception du monde, avec la volonté esthétique de transgresser l’image primitive pour en révéler le caractère singulier qui ouvre le regard, et probablement l’esprit, sur une autre dimension.

     L’exposition « Hors cadre » ne fait que proposer cette invitation à l’attention des visiteurs qui partageront ce regard éphémère.

 

                                                                                                        J.L

 

Jacques LAHOUSSE Hors cadre
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Published by "espace des arts"

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