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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 08:35
Petite histoire de l'Art
Artips

Bonjour,
Aujourd'hui : "Tu rêves ?"
Où l’on s’évade de sa chambre en chevauchant un lit plein de pattes.

 

 

Fin du 19e siècle, États-Unis. Le jeune Winsor McCay s’ennuie dans son école de commerce. Sa passion, c’est plutôt le dessin. Et il est doué ! C’est en tout cas ce que pense son professeur, admiratif de son talent (et inquiet de sa consommation de tabac) : "S’il ne fume pas trop, on devrait entendre parler de lui…"

 

Winsor McCay, 1906, photographie, Ohio State University
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Quelques années plus tard, en 1905, McCay travaille pour le journal hebdomadaire New York Herald. Il doit imaginer une bande dessinée qui occupe une pleine page.

Inspiré par son jeune fils Robert, McCay dessine les aventures d’un petit garçon appelé Nemo. Chaque planche dessinée le montre dans l’un de ses rêves et se termine immanquablement par son réveil, si brutal qu’il en tombe de son lit !

 

Winsor McCay, Little Nemo in Slumberland (Le petit Nemo au pays du sommeil), 1908, planche de bande dessinée publiée dans le New York Herald
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Toutes les semaines, McCay replonge son petit héros au pays des rêves. Accompagné de l’inquiétant Flip, et en quête de la fille de Morphée, le roi du sommeil, Nemo vit des aventures tumultueuses.

Pour rendre l’impression du rêve ou du cauchemar, McCay fait preuve d’une imagination débordante. Il dessine un lit aux gigantesques pattes, des bouts de paysages qui se transforment en créatures ou encore des objets qui disparaissent ou apparaissent sans raison.

 

Winsor McCay, Little Nemo in Slumberland (Le petit Nemo au pays du sommeil), 1908, planche de bande dessinée publiée dans le New York Herald
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Surtout, il est l’un des tout premiers à jouer avec les codes de la bande dessinée. Les cases de même taille, bien rectilignes, c’est terminé ! Dans les aventures du petit Nemo, la forme s’adapte au rêve, quitte à ce que certaines cases soient démesurément grandes.

La série Little Nemo, très populaire, occupe McCay pendant plusieurs années. Puis son œuvre révolutionnaire sombre dans l’oubli…

 

Winsor McCay, Little Nemo in Slumberland (Le petit Nemo au pays du sommeil), 1908, planche de bande dessinée publiée dans le New York Herald
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Jusqu’aux années 1960, où toute une génération d’artistes redécouvre ses superbes planches.

Et donne raison à son prof de dessin, puisqu’encore aujourd’hui, on entend parler de Winsor McCay !

 

Winsor McCay, Little Nemo in Slumberland (Le petit Nemo au pays du sommeil), 1908, une case d'une planche de bande dessinée publiée dans le New York Herald, ici en version française
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Winsor McCay, Little Nemo in Slumberland (Le petit Nemo au pays du sommeil), vers 1905-1914, planche de bande dessinée publiée dans le New York Herald
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Racontée par Delphine Peresan-Roudil

Bonjour,
Aujourd'hui : "Un petit creux ?"
Où l’on fait la connaissance d’une princesse qui a un appétit d’ogre.

 

 

Égypte, vers 2500 avant notre ère. La princesse Néfertiabet est attablée devant un généreux buffet : sur le plateau se trouve une quinzaine de belles tranches de gâteau.

Tout autour, des hiéroglyphes évoquent d’autres denrées : des cuisses de bœufs, du canard, du pain ou encore de la bière. Elle ne va pas mourir de faim !

 

La princesse Néfertiabet devant son repas, règne de Khéops (2590-2565 avant J.-C.), trouvé dans le cimetière de Giza, calcaire peint, 37 x 52 x 8 cm, Musée du Louvre, Paris
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Et c’est le but : cette stèle montre le repas funéraire de la princesse. Les Égyptiens de l’Antiquité croyaient en la vie dans l’au-delà où, en toute logique, les défunts devaient aussi s’alimenter !

Pour être certains que les morts ne manquent de rien, leurs proches plaçaient quelques offrandes de nourriture près de leur tombe. Nul doute que ces dernières parvenaient, d’une manière ou d’une autre, à nourrir les disparus.

 

L'intendant Sénousret devant sa table d'offrandes, vers 1870 avant J.-C., calcaire peint, 60 x 43 cm, Musée du Louvre, Paris, photo : © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Christian Decamps
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Mais comment faire si ces offrandes réelles viennent à manquer ? Les Égyptiens, très prévoyants, ont la solution.
Les artisans chargés de décorer les tombes y représentent des monceaux de nourriture. En effet, l’art égyptien est un "art magique", ce qui signifie que tout ce qui est représenté existe réellement dans l’au-delà !

 

Livre des morts, papyrus de Nebqed, vers 1400-1350 avant J.-C., Musée du Louvre, Paris, photo : © RMN-Grand Palais / Les frères Chuzeville
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Pour la princesse Néfertiabet, qui aurait été l’une des sœurs du roi Khéops, les artistes ont mis les petits plats dans les grands. La défunte est littéralement entourée de hiéroglyphes symbolisant divers aliments, tous plus riches les uns que les autres.

 

La princesse Néfertiabet devant son repas, règne de Khéops (2590-2565 avant J.-C.), trouvé dans le cimetière de Giza, calcaire peint, 37 x 52 x 8 cm, Musée du Louvre, Paris. Détail de l'œuvre
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Mais si cela ne suffisait toujours pas ? Pas de panique, là encore les artistes ont tout prévu. À différents endroits, ils ont ajouté le hiéroglyphe "1 000"… Ce qui signifie qu’il n’y a pas qu’une seule cuisse de bœuf ou qu’un seul canard, mais un millier ! De quoi se sustenter tranquillement pour l’éternité.

 

Détail de l'oeuvre : Le hiéroglyphe "1 000" placé sous une tête de bovidé.

 

Racontée par Noémie Dumanois

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Published by "espace des arts"

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